Action Française
Un article de ERUDITUS.
L'Action Française (ou Ligue d'Action française) est un mouvement politique français créé en avril 1898 par Henri Vaugeois et Maurice Pujo qui devint, sous l'influence de Charles Maurras, l'organe du nationalisme intégral, partisan de la monarchie.
Durant la "période grise" que fut l'Occupation, l'Action française était divisée : certains étaient pro-vichystes et souvent anti-allemands alors que d'autres n'hésitèrent pas à entrer en résistance et en furent des figures importantes. Parmi les sympathisants de l'Action Française sont comptés Jean de Lattre de Tassigny, le colonel Rémy, le maréchal Leclerc et Honoré d'Estienne d'Orves.
Le mouvement, qui eut une influence non négligeable tout au long de la Troisième République, entra dans une phase de déclin au lendemain de la Seconde Guerre mondiale suite à l'emprisonnement de Charles Maurras. Cependant, la mondialisation avançant à grands pas depuis le début des années 1990, l'AF commence à trouver maintenant une oreille attentive auprès de jeunes générations qui ont saisi l'imposture du spectre politique français et qui ont également compris le travail de "déconstruction" de leur identité française opéré par la république.
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[modifier] Histoire du mouvement
[modifier] Les débuts de l'Action française
L'Affaire Dreyfus joua un rôle primordial pour la fondation du mouvement "Action française". Révulsés par la récupération politique de l'Affaire par la gauche qui permit aux socialistes et radicaux de profiter de l'occasion pour lancer une grande offensive contre l'armée, des intellectuels républicains, patriotes et nationalistes, décident de se réunir dans une association. Ce sera l'Action française. À sa naissance, le mouvement est déjà fortement teinté d'antiparlementarisme ; l'épisode boulangiste a laissé des traces. L'adhésion d'un jeune intellectuel provençal va lui donner son orientation définitive. L'Action française tendra vers le "nationalisme intégral" et luttera pour l'instauration d'une monarchie traditionnelle : autoritaire et décentralisée. Le jeune intellectuel, c'est Charles Maurras.
[modifier] Essor et Seconde Guerre Mondiale
- L'Essor
L’Action française (AF) parut pour la première fois le 21 mars 1908, et atteint une diffusion de 30000 exemplaires. De nouvelles personnalités rejoignirent les rangs du parti, qui comptait alors 20000 membres : le polémiste et romancier Léon Daudet (fils d'Alphonse Daudet), l'historien Jacques Bainville, le critique Jules Lemaître, l'écrivain Paul Bourget, l'économiste Georges Valois.
Le militantisme de l'AF s'exprime aussi par les Camelots du Roi (créés en novembre 1908), groupe de jeunes gens chargés de la vente du journal et parfois chargés de la protection des autres membres du mouvement. L'AF possèdait alors un très grand prestige parmi la jeunesse étudiante réactionnaire. Les Camelots du Roi se distinguent par de nombreux coups d'éclat.
En juin 1908, ils se manifestèrent bruyamment lors du transfert des cendres d'Émile Zola au Panthéon de Paris. Leurs affiches de l'époque dénonçaient le régime républicain.
En décembre 1908, c'est l'Affaire Thalamas : les Camelots s'opposèrent à Thalamas (professeur du lycée Condorcet qui insultait Sainte Jeanne d'Arc) au prix de heurts violents avec la police. Après chaque bataille, ceux des manifestants, qui n’avaient pas été arrêtés, allaient place des Pyramides honorer la statue de Jeanne d’Arc. Telle est l’origine de son cortège traditionnel parisien.
L'année 1908 vit aussi la naissance de la Revue critique des idées et des livres, qui fut jusqu'à la guerre le « laboratoire d'idées » et l'organe littéraire du mouvement maurrassien.
Dès 1919, Charles Maurras demanda le droit de vote des femmes, qui ne leur a été accordé que par l'ordonnance du 21 avril 1944 du Gouvernement provisoire de la République française (GPRF). Maurras considérait en effet que les femmes seraient plus sensibles aux arguments traditionalistes et catholiques que les hommes.
- La condamnation par la Papauté (1926-1939)
Le principal reproche fait au maurrassisme par Rome fut de subordonner la religion au politique et au nationalisme ; car Maurras, rationaliste, se définit comme agnostique, et ne soutenaitt le catholicisme que comme le moyen d'unifier la Nation.
Retardée plusieurs fois (même si certaines œuvres ouvertement agnostiques de Maurras sont déjà mises à l'Index), la condamnation de l'AF par Rome aura lieu le 29 décembre 1926. Le pape Pie XI condamne l'Action Française qui, à ses yeux, disposait d'une trop grande influence sur la jeunesse catholique : les livres de Maurras ainsi que le Journal furent mis à l'Index par décret du Saint-Office. Le 8 mars 1927, les adhérents de l'AF furent interdits de sacrements. Ceci porta un coup très dur au mouvement, et traumatisa une certaine droite catholique qui le soutenait sincèrement. Beaucoup de ses membres la quittèrent comme Georges Bernanos ou Jacques Maritain et l'AF entra dans une période de déclin. Pie XII leva cette condamnation en 1939, suite à la guerre d'Espagne, qui vit un renouveau de l'anticommunisme au sein de l'Église, et la pression d'un fort courant ecclésiastique.
Durant l'entre-deux-guerres, l'Action française se développe. Aux élections législatives de 1919, la liste d'Union nationale, soutenue par l'Action Française, obtient 30 élus, dont Léon Daudet à Paris.
L'Action française continua de recruter de nouvelles générations (Georges Bernanos, Robert Brasillach, Thierry Maulnier, Lucien Rebatet). Le 6 février 1934, les ligueurs de l'Action française étaient au premier rang de la manifestation. En politique étrangère, Maurras et Bainville préconisaient l'alliance italienne contre l'Allemagne nazie.
Le 1er février 1935, des étudiants de faculté rallièrent l'Action française (dont François Mitterand), manifestèrent contre l'« invasion des métèques » et firent grève.
- La Seconde guerre Mondiale
Charles Maurras qualifia de « divine surprise » l'arrivée au pouvoir du Maréchal Pétain. Il soutint alors activement la politique de Vichy, et en qui il vit le symbole de l'unité, dans le prolongement de l'Union sacrée de 1914. Cependant, l'Action française se divisa profondément et Charles Maurras, pour sa part, garda sa position pétainiste persuadé que Pétain jouait un double jeu. En 1944, Maurras fut arrêté et condamné à la détention perpétuelle pour « intelligence avec l'ennemi », bien qu'il n'ait pas lui-même directement collaboré avec les Allemands. Il fut gracié peu de temps avant sa mort en 1952. Suite à cela, et pour les décennies qui allait suivre, l'AF connut divisions et égarements avant de se ressaisir et se reconstituer.
[modifier] L'Action française - année 2010
L'Action française, aujourd'hui également dénommée Centre royaliste d'Action française (CRAF), est le principal mouvement politique royaliste en France. Elle se définit comme « royaliste, nationaliste et souverainiste ». Elle prône le rétablissement de la monarchie en France (avec la famille d'Orléans à sa tête) et s'oppose à l'Europe fédérale, à la mondialisation ainsi qu'au « système des partis » autour de la défense inconditionnelle de l'« intérêt national ». L'Action française a purgé sa doctrine de l'antisémitisme et de la xénophobie d'antant. L'Action française est actuellement dirigée par Stéphane Blanchonnet (président du comité directeur de l’Action française) et Olivier Perceval (président du Centre royaliste d’Action française)[1].
L'attitude à adopter vis-à-vis du Front National divisa les militants de l'Action française : une partie des militants du mouvement royaliste considère que les royalistes doivent se tenir à l'écart des partis républicains. Pour d'autres, le Front national est le principal parti de la droite souverainiste et nationaliste et voter pour lui constitue un moyen de faire avancer les idées nationales. Alors qu'en 2002, l'Action française avait choisi de soutenir la candidature du FM Jean-Pierre Chevènement (ce qui provoqua une crise interne), elle a choisi en 2007 de soutenir Jean-Marie Le Pen.
[modifier] Structure et Organisation actuelles
[modifier] Sources et bibliographie
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