Baptême

Un article de ERUDITUS.

La nature et les effets du sacrement du baptême (du grec βαπτίζω baptizô, fréquentatif de 'baptô', « plonger dans un liquide ») sont ainsi définis dans le Catéchisme de Saint Pie X:

« Le Baptême est le sacrement par lequel nous renaissons à la grâce de Dieu et nous devenons chrétiens. Le sacrement de Baptême confère la première grâce sanctifiante qui efface le péché originel et aussi le péché actuel s’il existe. Il remet toute la peine due pour ces péchés, imprime le caractère de chrétien, nous fait enfants de Dieu, membres de l’Eglise et héritiers du paradis, et nous rend capables de recevoir les autres sacrements. »

Sommaire

[modifier] Premier sacrement

Le baptême est le premier des sacrements de l'initiation chrétienne. Celui qui fait du jeune catéchumène un enfant de Dieu. En se convertissant au nom du Christ et par la grâce de Dieu, il devient enfant de Dieu, faisant du Christ l'aîné d'une multitude de frères. De même qu'Israël a traversé la mer rouge, l'eau symbolise la mort et la résurrection des hommes dans le Christ. Le prêtre forme alors avec de l'huile sainte Saint Chrème une croix à l'aide de son doigt sur le front de l'enfant. Ce sacrement est un sacrement fondateur dans l'Eglise catholique. Le baptême marque l'entrée d'une personne dans l'Église. En recevant dans le Jourdain le baptême de Jean-Baptiste, le Christ a solennellement institué ce sacrement ; par la Croix, il l'a accompli.

Dans l'Église catholique, le jeune baptisé reçoit un vêtement blanc, signe qu'ils ont " revêtu le Christ ". Son parrain et sa marraine allument ensuite au cierge pascal, une bougie, pour transmettre cette lumière à leur filleul.

[modifier] Le Baptême de Jésus

Jésus a été baptisé par saint Jean-Baptiste dans les eaux du Jourdain. Mais le baptême de Jean n'était qu'une immersion dans le Jourdain, signifiant le renoncement aux péchès.

"Alors Jésus, arrivant de Galilée, paraît sur les bords du Jourdain, et il vient à Jean pour se faire baptiser par lui. Jean voulait l'en empêcher et disait : « C'est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi, et c'est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répondit : « Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste. » Alors Jean le laisse faire. Dès que Jésus fut baptisé, il sortit de l'eau ; voici que les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux, une voix disait : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour " Matthieu 3, 13-17

Mais pour Jésus, son vrai baptême est ailleurs : Lc 12,50 : D'un baptême j'ai à être baptisé et comme il me tarde qu'il soit accompli. Il est dans la passion, la mort et la résurrection. Le baptême véritable apparaît dans cette affirmation comme d'un autre ordre et reprend la discussion du Christ avec Nicodème. Si le grain ne meurt, il ne peut naître à nouveau...

Le sens catholique du baptême a pris sa dimension actuelle qu'à travers la Pentecôte, c'est-à-dire par le don de l'Esprit Saint.

[modifier] Histoire du sacrement

Pendant les premiers siècles, le baptême était célébré dans le cadre d'une confession de foi. Le nouveau baptisé prononçait d'abord la question : "Crois-tu en Dieu le Père, le Tout-Puissant ?" Le candidat répondait : Je crois avant d'être immergé une première fois. Venait alors une question sur le Fils puis l'Esprit.

En ce sens, le baptême était le signe efficace d'une participation de l'homme au rapport de Jésus avec son Père, et donc une participation de l'homme au mystère trinitaire. Etre baptisé au Nom du Dieu Trine signifiait ainsi pour l'homme l'entrée dans une existence de fils, et par extension entrer en communion avec le Père. C'était aussi ne plus être seul mais devenir enfants de Dieu, participant de la grande famille de ceux qui renonçant (ce que symbolise l'immersion totale) à sa propre suffisance accepte de vivre en le Christ.

Le baptême à l'origine est un sacrement conscient, volontaire, donné à un adulte qui veut connaître la différence entre le bien et le mal. Un tel homme mérite que lui soit révélé tout ce qui est nécessaire à son salut. La matière de sa croyance est établie selon les Écritures et la Tradition.

L'empereur Constantin s'est fait baptiser peu de temps avant sa mort. Alors il a su ce qu'il disait quand il parlait du Dieu unique et créateur, du péché originel, de la vie éternelle, de la rétribution, de la rédemption, de l'incarnation, des sacrements de l'Église.

Bien préparé à ce sacrement le baptisé voit Dieu non pas en notion abstraite, mais vivantes. Il se sent "issu du coeur de Dieu et de ses entrailles paternelles". Après cette catéchèse dont nous pouvons avoir une idée en lisant les Oeuvres complètes de Justin, le candidat au baptême est soumis au rite lui-¬même qui se fait soit par immersion dans une source ou une rivière soit par aspersion. Cette eau donne la vie aimante, miséricordieuse, passionnée; elle remet les péchés; elle fait fonctionner les dons de l'Esprit. Tous ces rites rappellent évidemment le baptême du Christ dans les eaux du Jourdain.

[modifier] Le baptême des enfants

Le pape Benoît XVI a exhorté les catholiques à baptiser leurs enfants rapidement après la naissance, déplorant la pratique de plus en plus fréquente des baptêmes tardifs. Le souverain pontife a notamment déclaré : « La vie chrétienne est inaugurée non seulement par des dispositions humaines, mais par un sacrement doté d'un effet divin. Le baptême est la porte de la grâce a laquelle Dieu agit dans l’âme, y compris celle d'un nouveau né, pour l'unir a lui dans le Christ et dans l’Église. » Et d'ajouter : « Il ne manque pas de gens aujourd'hui pour méconnaître ce rôle, négligeant ou retardant le baptême des enfants. » Ceux qui retardent de plus en plus l'administration du sacrement oublient qu'il s'agit d'abord de l'infusion de la grâce surnaturelle et non d'une décision existentielle pour laquelle il faut une pleine conscience et une pleine connaissance. Le baptême se voit complété par le sacrement de Confirmation.

[modifier] Voir aussi

  • Benoît XVI Les principes de la théologie catholique : esquisse et matériaux, Téqui, 1985, p.23-40