Benoît XVI
Un article de ERUDITUS.
Joseph Alois Ratzinger (16 avril 1927 à Marktl en Allemagne), a été élu 265e pape de l'Église catholique romaine le 19 avril 2005, et a choisi le nom de Benoît XVI (en latin Benedictus XVI, en italien Benedetto XVI, en allemand Benedikt XVI., en espagnol Benedicto XVI, en portugais Bento XVI, en anglais Benedict XVI).
Le pape Benoît XVI est Bailli Grand Croix de l'Ordre de Malte. Il est ainsi, après Jean XXIII, le deuxième pape membre de cet Ordre.
« Les nations ne doivent jamais accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre...Dans cette perspective, la mise en évidence des racines chrétiennes de la France permettra à chacun des habitants de ce pays de mieux comprendre d'où il vient et où il va. » (Benoît XVI, lors de son voyage à Lourdes en septembre 2008)
« Aujourd’hui, grâce à Dieu, nous ne vivons pas sous des dictatures, mais il existe des formes subtiles de dictature...le conformisme qui oblige à penser comme tous les autres, à agir comme tous les autres, ainsi que l’agression subtile, ou moins subtile, contre l’Église. »
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[modifier] Biographie
Le 6 août 2000, il publie la déclaration Dominus Iesus dans laquelle il affirme la supériorité du catholicisme sur le protestantisme, semblant prendre ainsi le contre-pied des efforts d'œcuménisme mis en acte avec la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification co-signée l'année précédente par le conseil (du Saint-Siège) pour l'unité des chrétiens et la Fédération luthérienne mondiale. Cinquante-trois théologiens et théologiennes catholiques belges protestent contre cette déclaration.
Certains disent qu'il a une position conservatrice vis-à-vis de l'homosexualité et de l'avortement direct alors qu'il défend la position chrétienne de toujours.
Il a été membre du Conseil de la IIe Section de la Secrétairerie d'État ; des Congrégations pour le Culte divin et la Discipline des Sacrements ; pour les Évêques ; pour l'Évangélisation des Peuples ; pour l'Éducation catholique; du Conseil pontifical pour la Promotion de l'Unité des Chrétiens ; des Commissions pontificales pour l'Amérique latine ; Ecclesia Dei.
[modifier] Vision de Vatican II
Benoît XVI est favorable au concile Vatican II bien qu'il le soit largement moins qu'à l'époque de sa tenue. Il raconte :« J’ai vécu, moi aussi, l’époque du concile Vatican II, j’étais dans la basilique Saint-Pierre avec beaucoup d’enthousiasme ». Il racontera ainsi sa vision de l’après-concile, qui sont selon Benoît XVI toujours difficile, et faite de crise dans un entretien avec des prêtres lors de ses vacances le 24 juillet 2005 [1].
Le lendemain de son élection en tant que pape il affirme que « la mise en œuvre du concile Vatican II » est sa priorité « en continuité fidèle avec la tradition bimillénaire de l’Église », phrase qui a été très commentée. Benoit XVI critique ainsi la vision du Concile Vatican II qui serait une rupture dans l’histoire de l’Église. Il y voit au contraire non pas une rupture radicale mais un « renouveau dans la continuité » de l’Église. Benoit XVI dans une intervention du 22 décembre 2005 s'explique plus longuement[2] ; il dénonce une certaine vision du Concile Vatican II qu’il nomme un certain « esprit du concile », qui opposerait « la lettre et l’esprit du Concile », un débat central qui divise l’intérieur de l’Église depuis quarante années entre ceux qui se réjouissent de voir que l’Église catholique s’est « ouverte au monde » (l'esprit du concile) et ceux qui déplorent sa perte de substance et appellent à un nouvel enracinement (ceux qui ne voit que la lettre du concile). Benoit XVI considère donc que l'Église a, avec le Concile Vatican II, «maintenu et approfondi sa nature intime et sa profonde identité ». Il affirme ainsi que « Ceux qui attendaient avec ce ‘‘oui’’ fondamental à l’époque moderne (du Concile Vatican II) que toutes les tensions disparaissent, et que l’ouverture au monde se transforme en une pure harmonie ont sous évalué les tensions intérieures et aussi les contradictions de cette époque moderne [3]».
[modifier] Encycliques
Le 25 janvier 2006, il publie sa première encyclique Deus Caritas Est, (Dieu est amour). Dans cette encyclique le pape tente d'expliquer le sens chrétien de l'Amour, critiquant le fait que le nom de Dieu soit associé à la vengeance ou la violence. Pour cela il parle de l'Amour que l'Église doit transmettre. L'encyclique obtient un succès éditorial (vendue a plus d'1,45 million d'exemplaires[4]).
Le 30 novembre 2007, Benoît XVI publie sa seconde encyclique: Spe Salvi (Sauvés par l'Espérance) qui est une réflexion sur le thème de l'espérance chrétienne, prennant comme référence la Lettre de Saint Paul aux Romains, « c’est en espérant que nous avons été sauvés » (Chapitre VIII verset 24).
Le 7 juillet 2009, le souverain pontife publie sa troisième encyclique "Caritas in veritate (L'amour dans la vérité), axée sur la doctrine sociale de l'Eglise en ces temps de crises financière et environnementale mondiales.
[modifier] Liturgie
Au début de 2007, il publie une exhortation apostolique post-synodale du nom de Sacramentum Caritaris qui vise à défendre la beauté et la nécessité du culte eucharistique, central dans la liturgie chrétienne.
[modifier] Motu proprio Summorum Pontificum
Depuis le début de son pontificat, les sources de presse discutent sur une possible réconciliation avec la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X et sur la libéralisation du rite tridentin. L'épiscopat français, cependant, a exprimé des réserves sur cette ouverture, ce qui cause divers problèmes internes à la curie.
Les journalistes ont évoqué les discussions entre Jean-Pierre Ricard, Bernard Fellay et Benoît XVI. De plus, il a été annoncé que Mgr Ranjith veut mener à terme la réforme liturgique en s'ouvrant entièrement à Sacrosanctum Concilium, qui permet l'usage moderne du latin.
Le samedi 7 juillet 2007, Benoît XVI publie le motu proprio Summorum Pontificum[5], permettant la célébration du missel de 1962 (ou messe dite de saint Pie V dans sa version révisée par Jean XXIII) par tous les prêtres sur demande des paroissiens, accompagné d'une lettre aux évêques [6]. La lettre du pape affirme ainsi que la messe de Pie V dans sa version de 1962 et celle de 1970 de Paul VI ne sont qu'un seul et même rite ayant deux expressions différentes (critiqué par le courant lefevriste), dénonçant les excès « insupportables » de la réforme liturgique post-conciliaire (conformément à la pensée de ce même courant), il appelle par ce texte à « une réconciliation interne » au sein de l'Église catholique, ainsi que l'unité des chrétiens schismatiques (Lefevristes). Ce texte peut ainsi apparaître comme une petite victoire pour les prêtres et fidèles de la FSSPX, qui se réjouissent de sa publication [7]. Cependant Benoît XVI reste dans la ligne directe de Vatican II (affirmation de la validité de la messe de Paul VI, comme expression du rite ordinaire alors que la messe de Pie V est reconnue, mais en reste l'expression exceptionnelle…[8].). Ainsi la publication du motu proprio apparait comme une volonté de réconciliation et d'unité des chrétiens au même titre que la lettre demandant l'unité des chrétiens de Chine[9].
