Crise de l'Église
Un article de ERUDITUS.
L'expression "crise de l'Église" est utilisée le plus souvent par les catholiques traditionalistes pour désigner non pas seulement le déclin quantitatif de l'Église catholique en Occident, mais aussi les innovations doctrinales et liturgiques qui se sont multipliées en son sein, depuis et avec le concile Vatican II (1962-1965) et son "aggiornamento" (adaptation au monde moderne).
Les traditionalistes critiquent en particulier :
- Le modernisme qui est une tendance théologique déviante et menant à l'hérésie. S'appuyant sur les idées philosophiques modernes développées notamment par Kant et la lecture moderne d'Aristote, les modernistes acceptent l'idée d'une évolution dynamique générale de la doctrine de l'Église par opposition à un ensemble de dogmes fixes; prêts à détruire, déformer ou vider de leur sens ces derniers et donc à détruire leurs quasi-2000 ans d'élaboration sous l'égide du Saint-Esprit. De facto, pour les traditionalistes, les modernistes se sont mués et se muent en "quasi-protestants" entrainant ainsi les innovations ci-dessous.
- la nouvelle messe (officialisée en 1969 par Paul VI);
- les nouveaux rituels des sacrements;
- la déclaration "Dignitatis humanae" (1965) par lequel le concile Vatican II affirmait que toutes les religions (même fausses) auraient un droit fondamental à pouvoir s'établir et exercer leur propagande dans tous les pays du monde (c'est ce qu'on appelle le principe de la "liberté religieuse", tandis que l'Église catholique, jusqu'à Vatican II, encourageait les États catholiques à freiner, autant que possible, la propagande des fausses religions)
[Application concrète: selon la "liberté religieuse" de Vatican II, l'État français a le devoir de laisser les musulmans bâtir en France toutes les mosquées qu'ils désirent ; selon la doctrine traditionnelle, en revanche, il est légitime de freiner voire d'empêcher la multiplication des mosquées.]
- l'appréciation positive de toutes les religions (notamment dans les textes de Vatican II), alors que les fausses religions étaient traditionnellement regardées comme des offenses à Dieu (en ce qu'elles prônent soit l'idolâtrie, soit la superstition, et en ce qu'elles détournent de la seule arche du salut: l'Église catholique);
- la réunion interreligieuse d'Assise, organisée en 1986 par Jean-Paul II.
- etc.
Sommaire |
[modifier] Origines de la crise
Même s'ils dénoncent le concile Vatican II comme le catalyseur de la crise, tous les traditionalistes reconnaissent que ses racines sont plus anciennes. Il faut les chercher dans le libéralisme catholique du XIXème siècle (condamné par les papes Grégoire XVI, Pie IX et Léon XIII), dans le modernisme du début XXème siècle (condamné par St Pie X) et le progressisme des années 1950.
[modifier] La période subversive anté-conciliaire ou le Prologue de Vatican II (début du XXème s. - 1963)
[modifier] La préparation occulte de Vatican II
[modifier] L'ajout de "saint Joseph" au canon (8 décembre 1962)
- Selon cet extraits de la Bulle Quo premium Tempore émise par le pape Pie V:
« Par notre présente constitution, qui est valable à perpétuité, Nous avons décidé et Nous ordonnons, sous peine de notre malédiction, que pour toutes les autres églises précitées l'usage de leurs missels propres soit retiré et absolument et totalement rejeté et que jamais rien ne soit ajouté, retranché ou modifié à Notre Missel que nous venons d'éditer. Nous avons décidé rigoureusement pour l'ensemble et pour chacune des églises énumérées ci-dessus, pour les Patriarches, les Administrateurs et pour toutes autres personnes revêtues de quelque dignité ecclésiastique, fussent-ils même cardinaux de la Sainte Église Romaine ou aient tout autre grade ou prééminence quelconque, qu'ils devront, en vertu de la sainte obéissance, abandonner à l'avenir et rejeter entièrement tous les autres principes et rites, si anciens fussent-ils, provenant des autres missels dont ils avaient jusqu'ici l'habitude de se servir, et qu'ils devront chanter ou dire la Messe suivant le rite, la manière et la règle que Nous enseignons par ce Missel et qu'ils ne pourront se permettre d'ajouter, dans la célébration de la Messe, d'autres cérémonies ou de réciter d'autres prières que celles contenues dans ce Missel...
Qu'absolument personne, donc, ne puisse déroger à cette page qui exprime notre permission, notre décisions, notre ordonnance, notre commandement, notre précepte, notre concession, notre indult, notre déclaration, notre décret et notre interdiction, ou n'ose aller témérairement à l'encontre de ces dispositions. Si cependant, quelqu'un se permettait une telle altération, qu'il sache qu'il encourrait l'indignation de Dieu tout puissant et de ses bienheureux apôtres Pierre et Paul. »
Donné à Rome, à Saint-Pierre, l’an 1570 de l’Incarnation du Seigneur, en la cinquième année de Notre pontificat.
- La bulle Quo primum Tempore de saint Pie X apporta un manteau d'autorité supplémentaire à cette pierre angulaire de la Tradition:
« Nous défendons, pour l'avenir, et à perpétuité, que l'on chante ou récite la messe autrement que suivant la forme du missel par Nous publié,...cette constitution qui doit valoir à perpétuité, qu'on ne pourra rien ajouter, retrancher ou changer au missel que Nous publions... »
- Pourtant, le 8 Décembre 1962, poussé par les infiltrés au sein de l'Église, Jean XXIII autorisa la première modification de l'antique Canon de la Messe en 1300 ans avec l’ajout du nom de saint Joseph dans celui-ci, changement qui prit effet le jour même. Cette erreur gravissime (un sacrilège?) prépara les esprits à la démolition complète de la Messe. Paul VI allait introduire trois « prières eucharistiques » au Canon (lesquelles peuvent servir d’alternatives à celui-ci) puis altérer la formule de consécration du vin.
[modifier] De la tolérance religieuse à la liberté religieuse
A la Commission centrale préparatoire du concile, deux schémas avaient été présentés, un par le cardinal Bea, sous le titre « De la liberté religieuse », l’autre par le cardinal Ottaviani, sous le titre « De la tolérance religieuse ». Le premier s’étendait sur quatorze pages, sans aucune référence au magistère qui a précédé. Le deuxième comprenait sept pages de texte et seize pages de références, allant de Pie VI (1790) à Jean XXIII (1959).
Le schéma du cardinal Béa contenait des affirmations contraires à la doctrine l’Église éternelle; exemple : « C’est pourquoi il faut louer le fait que de nos jours la liberté et l’égalité religieuses sont proclamées par de nombreuses nations et par l’Organisation internationale des droits de l’homme. »
[modifier] Le renouveau qui était et celui qui ne l'était pas
[modifier] Bibliographie de base
- Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Mgr Lefebvre;
- Abbé Matthias Gaudron (FSSPX) "Catéchisme catholique de la crise dans l'Église"
- Sur le problème de la liberté religieuse : Abbé Matthias Gaudron (FSSPX) "La liberté religieuse contre le Christ-Roi"
