Fédération des étudiants nationalistes

Un article de ERUDITUS.

La Fédération des étudiants nationalistes (FEN), créée en 1960 a été autodissoute en 1967.

La dissolution du mouvement Jeune Nation, en 1958, laissait un vide pour la jeunesse nationaliste. Ce vide fut comblé par la création de la Fédération des étudiants nationalistes en mai 1960. Poursuivant le combat pour l'Algérie française - en lien avec l'Organisation armée secrète (OAS) - la FEN poursuivait un combat purement nationaliste. La FEN était dirigée notamment par François d'Orcival, Fabrice Laroche (Alain De Benoist), Georges Schmelz, Pierre Poichet et Jacques Vernin. Elle se fit connaître peu après sa création en diffusant largement - en hommage à Robert Brasillach qui avait écrit une Lettre à un soldat de la classe 60 - un Manifeste de la classe 60 qui contenait l'essence du combat de la fédération estudiantine.

Sous l'effet de divers facteurs (abandon de l'Algérie, échec de la candidature de Jean-Louis Tixier-Vignancour pour les élections présidentielles de 1965, contexte international), la FEN va devenir le lieu d'un renouveau de la pensée de droite. Au combat pour la France s'ajoute le combat pour l'Europe et l'Occident ; l'élément ethnique acquiert une place nouvelle, la volonté révolutionnaire est affirmée, devant être poussée par une nouvelle élite ; on proclame la nécessité de tourner le dos au communisme comme au capitalisme.

« l’éthique nationaliste, c’est l’éthique de l’homme debout, éthique de l’honneur »

(Fabrice Laroche, « Pour une éthique nationaliste », Cahiers universitaires, II, décembre 1962)

Les Cahiers universitaires étaient l'organe de la FEN. En 1966, la revue fonctionnait autour d'une petite équipe : François d’Orcival (rédacteur en chef), Elisabeth Chrissement et Françoise Daguerry (secrétaires de rédaction), et, comme membre de l'équipe de rédaction : Vincent Decombis, Jacques Devidal, Christian Gave, Fabrice Laroche, Pierre Marcenet, Michel Paysant, Jean de Quissac, Pierre Vial, Jean-Marcel Zagamé, Jean-Paul Touzalin. Dans le courant de cette année 1966, Roger Vétillard et Alain Lefebvre rejoignent la rédaction.

La liste des contributeurs est tout aussi brillante ; s'y retrouvent beaucoup de ceux qui deviendront les cadres de la "Nouvelle droite" : Jean Mabire, François Duprat, Giorgio Locchi, Jules Monnerot, Louis Rougier, Pierre Gripari, Jean Cau ou encore Louis Pauwels.

La FEN s'implanta dans diverses universités française, notamment à Paris, où ses militants s'opposaient physiquement aux extrémistes de gauche.

Une partie de ses membres quittèrent la FEN pour fonder Occident en 1963. La fédération s'autodissout en 1967 ; ses membres rejoidront en partie Ordre nouveau ou se retrouvent pour fonder le Groupe de recherche et d'étude sur la civilisation européenne (GRECE) qui voit le jour peu après.

[modifier] Source

  • Pierre Milza, L'Europe en chemise noire ;
  • Anne-Marie Duranton-Crabol, Visages de la Nouvelle droite. Le GRECE et son histoire ;
  • Dominique Venner, Guide de la Politique ;
  • François Duprat, Les Mouvements d'extrême droite en France depuis 1944.