Jean-Paul II
Un article de ERUDITUS.
Karol Józef Wojtyła (Wadowice, près de Cracovie, en Pologne, 18 mai 1920 - Vatican, 2 avril 2005), pape sous le nom de Jean-Paul II (en latin Ioannes Paulus II, en italien Giovanni Paolo II) du 16 octobre 1978 à sa mort.
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[modifier] Pontificat
[modifier] Dialogue interreligieux
Le pontificat de Jean-Paul II s’est caractérisé par une intensification des échanges avec les autres religions. Au cours de ses voyages, il a rencontré bon nombre de leurs dignitaires et a prié dans plusieurs de leurs lieux saints. À deux reprises, il a invité les responsables de toutes les religions à une prière commune pour la paix à Assise: 27 octobre 1986 et 22 janvier 2002.
Judaïsme
Jean-Paul II écrit et donne un grand nombre de textes et de discours sur le sujet des relations entre l’Église et les Juifs, rendant hommage aux victimes de la Shoah. Son premier voyage, qui est aussi le premier d’un pape en ce lieu, est à Auschwitz. Il a grandi dans un contexte de culture juive florissante, son intérêt pour elle datant de son enfance. Il est le premier pape à visiter une synagogue, à la Grande synagogue de Rome en avril [986. Il déclare ainsi que les juifs sont " nos frères bien-aimés et, d'une certaine manière, (...) nos frères aînés".
En 1993, Jean-Paul II décide de reconnaître l'Etat d'Israël, établissant pour la première fois des liens diplomatiques avec l'Etat hébreu. Lors d'un colloque en 1997, Jean-Paul II affirme qu'un "examen lucide du passé (...) peut démontrer clairement que l'antisémitisme est sans justification aucune et est absolument répréhensible."[1]
En mars 2000, Jean-Paul II se rend au Mémorial de Yad Vashem, où il retrouve une rescapée qu'il avait secourue, et demande pardon à Dieu pour les actes antisémites commis par les chrétiens, dans un billet glissé dans une fente du Mur des lamentations.
Islam
Jean Paul II devint le deuxième pape à avoir visité la Turquie en se rendant dans ce pays en novembre 1979.
Le pape effectue une visite en 1985 à Casablanca au Maroc. Il effectua un discours devant 80 000 musulmans. Plusieurs réactions négatives dans les pays arabes suivirent cette rencontre ; l'Iran et l'ayatollah Khomeini ne reconnurent plus le titre de Commandeur des croyants au roi Hassan II. Le pape a effectué une visite d’une journée à Tunis le 14 avril 1996.
En mai 2001, Jean-Paul II est le premier pape à se rendre dans une mosquée. Désireux de se recueillir sur le lieu où se convertit saint Paul, il entre et prie auprès des reliques de Saint Jean Baptiste à la mosquée des Omeyyades à Damas (Syrie).
Bouddhisme
Jean-Paul II a rencontré le 14e Dalaï Lama, Tenzin Gyatso au Vatican en 1980, 1982, 1986, 1988 et 1990. Plus récemment, le 27 janvier [003, après une audience avec le pape, ce dernier a déclaré lors de sa rencontre avec le président du Sénat italien Marcello Pera : « J'ai dit au pape mon admiration pour ce qu'il a fait pour la paix et l'harmonie religieuse dans le monde ».
En 1989, Taï Sitou Rinpoché, un des 4 régents de l’Ordre Karma – Kagyupa et abbé du monastère de Palpung au Tibet oriental, le Kham, faisait en Italie un pèlerinage pour une paix active. À la tête d’une dizaine de lamas, il fut reçu plusieurs jours à Camaldoli, visita Assise et fut accueilli à Rome par Jean-Paul II[2].
[modifier] Dialogue œcuménique
Sur le sujet de la primauté du pape, il a proposé aux Chrétiens des autres confessions de « chercher, évidemment ensemble, les formes dans lesquelles ce ministère pourra réaliser un service d’amour reconnu par les uns et par les autres » lors de l’encyclique Ut unum sint (1995).
En 1999, Jean-Paul II visite la Roumanie avec les personnalités locales de l’Église orthodoxe. Il est d’ailleurs le premier pape à visiter un pays à majorité orthodoxe depuis le schisme de 1054.
[modifier] Politique
Son soutien aux dissidents de l’ex-bloc soviétique, en particulier au syndicat Solidarność de Lech Wałęsa ainsi que le symbole de son élection, ont joué un rôle important dans l’effondrement des régimes communistes en Europe de l’Est à la fin des années 1980. Ce rôle est cependant fortement à nuancer car le bloc de l'Est s'est effondré de lui-même. Jean-Paul II a été fortement suspecté d'être l'agent Lolek de la police politique polonaise, Bolek étant Lech Wałęsa (Lolek & Bolek étaient les deux héros d'un célèbre dessin-animé du bloc de l'Est).
À l’occasion de son voyage au Chili, Augusto Pinochet demanda au pape : « Pourquoi l’Église parle-t-elle sans cesse de démocratie ? Toutes les méthodes de gouvernement se valent.» Jean Paul II répondit : « Non, le peuple a le droit de jouir de ses libertés fondamentales, même s’il commet des erreurs dans l’exercice de celles-ci.» (Entrevue du cardinal Angelo Sodano, 13 décembre 1996 cité dans Weigel, Georges, Jean Paul II, témoin de l’espérance, éd. J.-C. Lattès, 1999 p. 652.).
[modifier] Questions scientifiques
- Le 1er mai 1991, il promulgue l’encyclique Centesimus annus, centenaire Rerum Novarum, où l’on trouve des recommandations sur les connaissances et l’organisation.
- Le 31 octobre 1992 il se prononce en faveur de la réhabilitation de Galilée.
- Le 22 octobre]] 1996 il reconnaît dans un message à l’Académie pontificale des sciences que la théorie de l’évolution est « plus qu’une hypothèse ».
- Le 14 septembre]] 1998, il promulgue l’encyclique Fides et Ratio sur les rapports entre la foi et la raison, et sur la philosophie.
[modifier] Morale
À plusieurs reprises, il a rappelé l’enseignement de l’Église concernant l’exigence de fidélité conjugale et la recommandation d’éviter les méthodes artificielles de contraception. Il a par ailleurs maintenu la condamnation biblique de l’homosexualité ainsi que l’interdiction de la communion pour les divorcés remariés.
En avril 2002, il a convoqué onze cardinaux, tous venus des États-Unis. À cette occasion, il a déclaré : « les gens ont besoin de savoir qu’il n’y a pas de place dans la prêtrise et dans la vie religieuse pour ceux qui feraient du mal aux jeunes.» Il a ajouté être « profondément peiné » et a tenu à exprimer sa « solidarité aux victimes des violences sexuelles et à leurs familles, où qu’elles soient.» Voir article connexe Prêtre pédophile.
Il n'a jamais prononcé le mot ni parlé de préservatif, mais a par contre insisté de nombreuses fois sur l'efficacité absolue de l'abstinence et de la fidélité contre les maladies sexuellement transmissibles.
Il s’est fait le défenseur inlassable du droit à la vie, rappelant l’opposition de l’Église à l’avortement, l’euthanasie et à toute forme d’eugénisme. Il a également appelé à une plus ferme condamnation de la peine de mort.
[modifier] Organisation de l’Église
Il a œuvré pour l’ordination d'hommes mariés dans certains cas très précis (par ex. pasteurs protestants mariés qui se convertissent au catholicisme), ainsi qu'à la promotion du diaconat.
Il a également voulu associer les femmes au fonctionnement de l’Église « à tous les niveaux, y compris dans les processus d’élaboration des décisions » (exhortation apostolique Vita consecrata, 1996). Il écrit une lettre aux femmes du 29 juin 1995. Il nomme le 9 mars 2004 Mme Mary Ann Glendon (professeur de droit à Harvard, et ancienne tête de la délégation pontificale à la conférence de Pékin sur la Femme en 1995) présidente de l’Académie pontificale des sciences sociales. Auparavant, il avait déjà nommé : Sœur Sara Butler, M.S.B.T., professeur de théologie à l’Université «St. Mary of the Lake» de Mundelein (Chicago), et Madame Barbara Hallensleben, de l’université de Fribourg, en Suisse à la Commission théologique internationale (Source Zenit N°ZF040307).
[modifier] Rapports avec les traditionalistes
[modifier] Funérailles
Trois aéroports - Fiumicino, Ciampino, et l’aéroport militaire de Pratica di Mare - ont accueilli quelque 110 avions d’États et une soixantaine d’avions civils pour l’arrivée de ces délégations qui comprenaient jusqu’à une cinquantaine de membres ; étaient notamment présents lors des funérailles George W. Bush, président des États-Unis, Jacques Chirac, président de la République française, le roi d'Espagne Juan Carlos et le roi des Belges Albert II. Parmi les dignitaires religieux, entre autres, Mgr Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry et président du Conseil mondial des évêques anglicans, et *Bartholomée Ier, patriarche orthodoxe de Constantinople, s'étaient rendus à Rome.
Plus de 3 millions de personnes sont arrivées à Rome du 2 au 8 avril 2005. Celles qui sont allées, en la basilique vaticane, saluer la dépouille du pape, défilaient au rythme de 21 000 à l'heure, soit 350 personnes à la minute. L'attente allait de 13 à 24 h, avec une queue maximale de cinq kilomètres.
Le jour des funérailles, 500 000 fidèles se trouvaient Place Saint-Pierre et Via della Conciliazione, 600 000 dans les sites urbains dotés d'écrans géants installés par la municipalité. La salle de presse du Saint-Siège et le Conseil pontifical pour les Communications sociales ont délivré plus de 6 000 accréditations (journalistes, photographes, reporters de radio-télévision) pour la couverture de l'événement. 137 chaînes TV de 81 pays ont signalé au Conseil pontifical avoir diffusé la Messe de funérailles.
La Messe de funérailles a été concélébrée par 157 Cardinaux, en présence de 700 archevêques et évêques, 3 000 prélats et prêtres. La communion a été distribuée par 300 prêtres.
De nombreux pays ont décrété une ou plusieurs journées de deuil à la suite du décès de Jean-Paul II : certains à majorité catholique comme le Brésil, l'Italie, les Philippines, la Pologne, d'autres où les chrétiens eux-mêmes sont minoritaires, comme l'Inde, le Tchad, l'Albanie, etc. Dans d'autres pays, dont la France et la Suisse, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics.
[modifier] Œuvres
Jean-Paul II a prononcé 20 351 discours pendant son seul pontificat dont 3 438 hors d'Italie. Ses écrits et textes de discours représentent, par écrit, plus de 80 000 pages (soit environ 40 fois le volume de la bible catholique).
Les seuls écrits officiels de Jean-Paul II représentent 55 volumes d'actes du Saint-Siège auxquels il faut ajouter ses écrits personnels publiés et sans doute des milliers de lettres et documents privés divers.
[modifier] Encycliques
Jean-Paul II a écrit 14 encycliques :
- Ecclesia de Eucharistia, 17 avril 2003, sur l'Eucharistie dans son rapport à l'Eglise
- Fides et Ratio, 14 septembre 1998, sur les relations entre la foi et raison.
- Ut Unum Sint, 25 mai 1995, sur l'engagement œcuménique
- Evangelium Vitæ, 25 mars 1995, sur la valeur et l'inviolabilité de la vie humaine.
- Veritatis Splendor, 6 août 1993, sur l'enseignement moral de l'Église
- Centesimus Annus, 1er mai 1991, mise à jour de Rerum Novarum, sur les connaissances et l'organisation sociale
- Redemptoris Missio, 7 décembre 1990, sur la valeur permanente du précepte missionnaire
- Sollicitudo Rei Socialis, 19 février 1988, sur la question sociale, à l'occasion des 20 ans de Populorum progressio
- Redemptoris Mater, 25 mars 1987, sur la place de la Vierge Marie dans la foi
- Dominum et Vivificantem, 30 mai 1986, sur l'Esprit Saint dans la vie de l'Eglise et du monde
- Slavorum Apostoli, 2 juillet 1985 , sur Saints Cyrille et Méthode
- Laborem Exercens, 14 septembre 1981 , sur le travail humain
- Dives in Misericordia, 2 février 1980, Sur la miséricorde divine
- Redemptor Hominis, 4 mars 1979, sur la dignité humaine.
[modifier] Autres écrits
Jean-Paul II a écrit :
- 14 exhortations apostoliques,
- 11 constitutions apostoliques,
- 28 motu proprio,
- 42 lettres apostoliques.
