Jeune Nation

Un article de ERUDITUS.

Jeune Nation est à la fois le nom d'un journal et celui d'un mouvement nationaliste français fondé par Albert Heuclin, mandataire aux Halles, Jean Marot, Jacques Wagner et les frères Sidos, François Sidos (président du mouvement), Jacques Sidos et Pierre Sidos (secrétaire général puis président).

Sommaire

[modifier] Le mouvement

[modifier] Emblème

L'emblème de Jeune Nation était la croix celtique, « symbole de la vie universelle » et élément de l'imagerie chrétienne, également associé à la cathédrale Sainte-Croix d'Orléans et à Jeanne d'Arc. Par sa portée historique, la croix celtique est l'un des plus anciens emblèmes nationaux, et fut popularisée dans les milieux politiques par Jeune Nation.

[modifier] Principe

Jeune Nation se présentait comme un mouvement nationaliste. Il évitait les références au passé afin de ne pas tomber dans les querelles partisanes héritées de la Seconde Guerre Mondiale.

Il se déclarait favorable au renversement de la République, l'élimination des partis, à l'éviction des "météques" des rouages de l'Etat, au châtiment des responsables de l'abandon, et partisan de la refonte de l'armée, de l'instauration d'un syndicalisme corporatif, de la mise au pas des féodaux de la finance, de la création d'un Etat nationaliste qui serait partie intégrante d'une nouvelle Europe dressée à la fois contre le matérialisme de Wall Street et contre le matérialisme de Moscou.

Hostile à l'ingérence étrangère, Jeune Nation combattait à la fois le P.C.F considéré comme le représentant des Soviets en France, et les manifestations de " l'impérialisme américain ". D'où maintes bagarres avec les militants communistes et plusieurs manifestations devant l'ambassade des Etats-Unis à Paris, en particulier celle du 25 novembre 1957.

Par ailleurs, il rejetait toute action parlementaire.

[modifier] Historique

Le 22 octobre 1949, le mouvement est présenté pour la première fois au siège du Souvenir napoléonien, rue du Cirque. Le 28 mars 1950, il est officiellement déclaré à la Préfecture de police de Paris.

La notoriété du Mouvement était telle, au cours des années 1956-1958, qu'il fût porté à l'actif des Sidos et de leurs amis plus d'actions d'éclats qu'ils n'en firent effectivement. On les accusa même d'avoir fait exploser, le 6 février 1958, une bombe dans les W-C du palais Bourbon. Tant et si bien que le gouvernement, inquiet du développement du Mouvement, signa à son encontre un décret de dissolution deux jours après le 13 mai 1958. Plusieurs de ses membres, ayant fondé un Parti Nationaliste (qui reprenait les mêmes thèmes) aussitôt interdit, furent inculpés pour reconstitution de ligue dissoute et atteinte à la sûreté intérieure de l'État. Ses dirigeants furent traduits en juin 1963 devant les tribunaux et condamnés à des peines diverses.

[modifier] Mai 68

Le légitime héritier du Mouvement Jeune Nation est l'Œuvre française créée par Pierre Sidos en 1968 durant les évènements de mai 68 impliquant l'extrême-gauche.

[modifier] Le journal Jeune Nation (source : Henry Coston)

A partir du 5 juillet 1958, jour anniversaire de la prise d'Alger en 1830, le Mouvement Jeune Nation édita un journal du même nom, qui fut assez largement répandu dans les milieux nationalistes de la capitale, puis dans ceux de province et d'Algérie. Il succédait au Courrier d'informations, bulletin intérieur tiré au duplicateur paraissant entre 1955 et 1958. Son directeur était Pierre Sidos, le leader du mouvement, qu'assistaient Dominique Venner, venu tard au mouvement, mais qui s'était fait très vite remarquer par son ardeur et sa détermination, Luis Daney, un juriste qui avait été officier en Algérie, Jean Malardier, militant déjà chevronné, Jacques Meyniel, agent de publicité et ancien d'Indochine et d'Algérie, F. Ferrand, un négociant parisien, Albert Malbrun, etc. Outre les éditoriaux de Pierre Sidos et les articles de son équipe, Jeune Nation publiait des chroniques, des études, des interviews de personnalités de la presse et de la politique. C'est ainsi que parurent, de temps en temps, dans les colonnes du journal, les signatures des nationalistes Jacques Ploncard d'Assac et Hubert Saint-Julien, des anti-capitalistes Pierre Fontaine et Henry Coston, et celles des personnalités politiques et littéraires de tendance assez diverses : Pierre Hofstetter, Jean-André Faucher, Georges Robert, ancien délégué à la presse de présence Française-Tunisie, Paul Ottaviani, leader national niçois, Saint Paulien, l'auteur du " Soleil des morts " et des " Maudits ", le Général Rime-Bruneau président de Présence Française-Tunisie, le Dr Gaston Thouvenot, militant nationaliste connu en Algérie, Stéphen Hecquet, Jean-Louis Tixier-Vignancourt, qui était le défenseur des militants de Jeune Nation, Pierre-Antoine Cousteau, qui avait promis une chronique régulière dans le journal lorsque la mort l'emporta.

Après la dissolution du Parti Nationaliste et malgrè les saisies nombreuses qui le frappaient à chaque numéro, ou presque, le journal Jeune Nation avait poursuivi sa publication jusqu'en 1961, date à laquelle Pierre Sidos et son principal lieutenant Dominique Venner, étaient entrés en clandestinité. Les autres administrateurs s'étaient désintéressés d'un journal mis depuis deux ans dans l'impossibilité pratique de paraître ; ils suivaient déjà avec sympathie les efforts de Dominique Venner, libéré six mois auparavant et qui venait de fonder une nouvelle société Les Editions Saint-Just.

Le journal reparaîtra dans les années 90 et 2000, sous la direction d'Yvan Benedetti.


[modifier] Liens internes

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