Messe

Un article de ERUDITUS.

La messe est la célébration liturgique catholique au cours de laquelle le ou les prêtres officiants célèbrent le Saint Sacrifice, actualisation de l'unique sacrifice rédempteur de Notre Seigneur Jésus-Christ. Elle est ainsi définie dans le Catéchisme de Saint Pie X:

« La sainte Messe est le sacrifice du Corps et du Sang de Jésus-Christ offert sur nos autels sous l'apparence du pain et du vin, en mémoire du sacrifice de la Croix. Le sacrifice de la Messe ressemble au sacrifice de la croix en ce que, dans l’un et l’autre, Jésus-Christ est à la fois le prêtre et la victime; il en diffère cependant par la manière dont il est offert. ...dans le sacrifice de la Croix, Jésus-Christ mourut réellement et répandit son Sang, tandis qu'au sacrifice de la Messe,..., il se fait victime sans répandre son sang...C'est Jésus-Christ lui-même qui a établi le sacrifice de la sainte Messe quand, dans la dernière Cène, Il institua le sacrement de l'Eucharistie. »

Le prêtre est l’acteur majeur et indispensable : il agit « in persona Christi » pour l’offrande du sacrifice propitiatoire qui renouvelle l’unique sacrifice. Cet article traite de la messe dite "tridentine".

Pour les aspects liés à la communion eucharistique, voir l'article : Eucharistie.

Sommaire

[modifier] Étymologie et structure de la messe

[modifier] Étymologie

Le nom vient du latin missa (mittere, « envoyer ») qui signifie « renvoi ». Le même mot qui a donné « mission ».

L'expression vient de l'époque antérieure au VIIIème siècle siècle où, à la fin de la première partie de la messe, dite messe des catéchumènes parce que les futurs baptisés pouvaient y assister, les catéchumènes et les pénitents étaient renvoyés par le diacre par la formule Les choses saintes pour les saints, que les indignes se retirent. Ce renvoi solennel a donné son nom à la célébration de l'eucharistie tout entière qui, au sens primitif, ne désignait que cette seconde partie. Le mot vient peut-être aussi de la formule finale de la messe : Ite, missa est, « Allez, c'est l'envoi». Par la formule Ite missa est, le diacre invite le peuple à partir car ce dernier a maintenant une mission d'évangélisation à accomplir après avoir été enseigné et nourri par la Parole de Dieu et la communion au Corps du Christ. Le peuple est « envoyé » en mission dans le monde.

[modifier] Rites et principaux moments de la messe

La messe, quand elle est chantée, fait appel à différents intervenants qui vont tous, à des degrés différents, avoir un rôle dans l’action liturgique.

  • Les servants de messe assurent le « service du chœur ». Le cérémoniaire assiste et guide le prêtre dans le déroulement des rites (il remplace le prêtre assistant du rituel pontifical). C'est lui qui signale à l'aide d'un gond ou d'une cloche les actes essentiels de la cérémonie. Les acolytes, au nombre de deux, sont les porte-lumières (ils remplacent les acolytes ordonnés du rituel pontifical). Ils se tiennent près de la crédence sur laquelle sont posées les burettes. Le thuriféraire porte l’encensoir et l’encens. Le porte-croix (sous-diacre dans le rituel pontifical) mène les processions d’entrée et de sortie. D’autres services existent mais ne servent qu’à amplifier la pompe du rite : porte-navette (adjoint au thuriféraire), céroféraire (porte-cierge), etc.
  • La chorale a la charge de chanter le « propre » de la messe, et soutenir le chant de l’assistance. Selon l’adage « chanter, c’est prier deux fois » [1], elle se doit d’assurer une liturgie fervente. « L’Église reconnaît dans le chant grégorien le chant propre de la liturgie romaine [2] »
  • L’assistance (ou la foule, ou le peuple) participe par sa prière, par sa tenue, éventuellement par son chant, des parties communes de la messe. Traditionnellement en théologie catholique, toutes les parties de l’Église assistent à la messe : l’église militante (les baptisés vivants), l’église souffrante (les âmes du purgatoire) et l’église triomphante (les saints).

La référence liturgique des cérémonies de la messe est le Missel romain de 1962 dans lequel se trouve les Rubricæ generales Missalis (rubriques générales du Missel) et le Ritus servandus in celebratione Missæ (rite à suivre dans la célébration de la messe) mais aussi les changements introduits par la bulle Divino afflatu (1911) du pape Pie X et présentés dans le Missel sous le titre Additiones et Variationes in Rubricis Missalis, auxquels on peut ajouter les modifications du pape Jean XXIII de l’année 1962.
Historiquement, dans le développement de la liturgie au début du Moyen Âge, la messe pontificale (messe solennelle dite par un évêque) est à l’origine des autres formes (messe en présence pontificale, messe solennelle avec diacre et sous-diacre, messe chantée avec encens, messe chantée sans encens, messe parlée, messe basse) qui furent plus ou moins normalisées au cours du temps. À son tour la messe basse a influencé les autres formes, par exemple en imposant au prêtre de réciter à voix basse les chants de la chorale et aussi l’épître pendant que la chantait le sous-diacre dans la messe solennelle.

La messe peut être célébrée chaque jour par chaque prêtre, et peut être célébrée à l'occasion d'autres sacrements (mariage, confirmation, ordination), de sacramentaux (Messe de requiem pour un enterrement, couronnement), et d'événements solennels de la vie de l'Église universelle (concile, conclave) ou locale (installation du curé).

Selon le rite latin, la messe comporte deux parties principales : la liturgie de la Parole et la liturgie de l'Eucharistie. En général, une messe dominicale selon le rite de Saint-Pie V dure environ 1 heure 10 (messe récitée) et peut atteindre 1 heure 45 (messe chantée), temps variable qui dépend de l'ampleur donnée à la liturgie, aux chants et à l'homélie. A titre de comparaison, une messe dominicale selon le rite de Paul VI dure environ 1 heure.

La messe se compose ainsi:

[modifier] Messe des catéchumènes

[modifier] Entrée et Ouverture

La messe commence par l’entrée du clergé en procession : l’encens représente la prière qui monte vers Dieu, la croix est encadrée par les acolytes et, derrière eux, par le cérémoniaire qui guide le prêtre. En entrant dans le chœur, chacun fait le geste d’adoration défini (soit génuflexion, soit inclination profonde). Le prêtre se place alors au pied des marches de l’autel avec le cérémoniaire, pendant que les servants de messe gagnent leurs places. Les fidèles et la chorale assistent à cette procession debout, généralement en chantant un « chant d’entrée » (souvent en langue vernaculaire). Le dimanche, à la grand-messe, a lieu le rite de l’aspersion, l'antienne Asperges me est chantée, remplacé de Pâques à la Trinité par l'antienne Vidi aquam.

  • Prières préparatoires et montée à l'autel

Puis, par le signe de la croix, commencent alors les prières au bas de l’autel. Avec le psaume 42, Judica me, le prêtre demande à Dieu sa purification pour être digne d’accomplir le saint-sacrifice. Se placent ici le confiteor, récité d’abord par le prêtre puis par les servants au nom de la foule. Pendant ce temps, la chorale chante l'introit, prière d’entrée qui fait partie du propre de la messe. Puis le prêtre monte à l’autel.

Ces prières ne datent que du Xème siècle. Elles se disaient autrefois à la sacristie. Saint Pie V les a rendues obligatoires et uniformes au XVIème siècle, et les a incorporées à la Messe. Le mouvement du renouveau liturgique avait recommandé aux fidèles de s'unir à ces prières, ce qui a été finalement consacré par la réforme liturgique de Vatican II .

  • Kyrie

Chant d'entrée et de procession, le Kyrie correspond à l'ouverture de la Messe proprement dite et en est son premier acte liturgique; l'invitation oremus introduit la collecte et est prononcée au moment où le rassemblement est achevé.

[modifier] Liturgie de la Parole

Cette première partie de la messe tient son nom des premiers temps du christianisme : cette partie, très didactique, avec lectures et prédication, a comme but principal l’instruction et l’édification des fidèles. Les préparants au baptême (encore non-membres de la communauté) étaient conviés à cette partie qui s’adressait particulièrement à eux.

Dans la messe solennelle ou grand-messe, pendant que la chorale chante l'introit et le kyrie (en grec), le prêtre dit à voix basse (avec le diacre et le sous-diacre) les prières au bas de l’autel, puis monte à l’autel, le baise en disant d’autres prières, et lit, toujours à voix basse, l’introit et le Kyrie. Le Kyrie s'adresse aux trois personnes de la sainte Trinité.

  • Gloria

Ensuite, le prêtre entonne le Gloria repris en alternance par la chorale. Cette hymne était dans les premiers siècles chantée à la seule fête de Noël. Le Gloria fut ensuite chanté toutes les messes de fêtes. C'est une hymne de gloire en l'honneur des trois Personnes divines montrant les quatre finalités de la messe : l'adoration, l'action de grâces, la propitiation (ou réconciliation par le pardon des péchés) et la supplication (demande de bienfaits). Le Gloria n'est pas d'usage notamment aux temps de pénitence que sont l'Avent et le Carême, ainsi que lorsque les ornements sacerdotaux sont noirs ou violets.

  • Collecte (ou 1ère Oraison)

Puis, l’oraison est prononcée solennellement par le prêtre. Tous se joignent à la prière de l’Église par la réponse Amen (mot hébreu).
Dans la forme de tous les jours de la messe (dite messe basse), il n’y a pas de chorale, ni d’assistance de diacre et sous-diacre. Le prêtre récite les prières au bas de l’autel en alternance avec le servant. La participation de toute l’assemblée pour les réponses et les récitations en alternance a commencé à être pratiquée, initialement en Belgique et en Allemagne, surtout dans des monastères et des séminaires, depuis le début du XXème siècle, mais malgré les encouragements du Saint-Siège exprimés par des documents de 1922, 1935, 1947 (Mediator Dei) et 1958, l’usage de cette « missa dialogata » ne s’est que rarement généralisé à cette époque.

  • Épître

Commence alors la première lecture : l’épître, extrait du Nouveau Testament (épître d’apôtre, actes des apôtres ou Apocalypse) ou de l'Ancien Testament, est chantée dans la grand-messe par le sous-diacre tourné vers l'autel côté droit (appelé côté Epître). Dans la messe basse le prêtre la lit tourné vers l’autel.

  • Graduel/Psaume

Les chants du graduel et de l'Alleluia (mot hébreu) - substitué dans certains temps liturgiques par le trait - sont ordinairement des extraits de psaumes chantés par la chorale ou simplement lus par le prêtre. Le peuple y assiste assis, puis se met debout pour la lecture de l’Évangile.

  • (Séquence)

Certains jours, on chante en plus la Séquence. Dans le Missale Romanum, il en reste 5 : pour Pâques (Victimæ Paschali), la Pentecôte (Veni Sancte Spiritus), la Fête-Dieu (Lauda Sion), Notre-Dame des Sept Douleurs (15 septembre - Stabat Mater) et enfin pour les messes des défunts et le 2 novembre (Dies Iræ).

  • Évangile

La lecture de l'Évangile est entourée d’un grand nombre de rites dans la messe solennelle. Le rite de l’encensement rappelle qu’alors que toutes les lectures bibliques sont Parole de Dieu, dans l’Évangile on parle directement du Christ. Les acolytes encadrent le diacre avec leurs cierges, car cette parole est la lumière du monde. Le diacre proclame solennellement l’Évangile en se plaçant au nord (théorique, si l'église est orientée, c’est-à-dire à la gauche de l’abside) : cette tradition médiévale veut insister sur le fait que la parole de Dieu est destinée à disperser les ténèbres (représentées par la région plus éloignée du soleil de midi). A l'imitation du diacre dans la grand-messe, dans la messe basse le prêtre lit l’évangile au côté gauche de l’autel, à demi tourné vers ce nord théorique. Voici pourquoi on parle du côté évangile et du côté épître de l’autel.

  • Sermon

Le prêtre se rend ensuite à la chaire ou et commence le sermon, qui n’est pas toujours en relation avec les lectures de la messe. Bien qu'il ait été recommandé par le concile de Trente, l’Ordinaire tridentin de la messe ne mentionne pas le sermon.

  • Credo (Proclamation de la Profession de Foi)

Au sermon suit immédiatement le credo (profession de foi), si la messe du jour le prévoit. Le Credo a été introduit dans la messe de rite romain au temps de l’empereur Henri II (1002-1024). Court résumé de la doctrine catholique, il reprend les décisions du concile de Nicée, dont il prend parfois le nom de "Symbole de Nicée".

Puis le prêtre se tourne vers le peuple et prononce : « Dominus vobiscum » et « Oremus », sans ajouter aucune prière particulière. C’est ce qui est resté des « prières des fidèles », les intentions de prière de l’Église en général et de la communauté en particulier. Ces prières — (dont l'origine remonterait à saint Martin de Tours) — subsistaient dans certaines paroisses avant le sermon sous le nom de « prières du prône ». Elles ont été réintroduites par les réformes liturgiques qui ont suivi le concile Vatican II.

[modifier] Messe des fidèles

[modifier] Offertoire

Dans les premiers temps de l’Église, le diacre faisait se retirer les catéchumènes et les pénitents. Dans le rite byzantin, il subsiste une formule de renvoi des catéchumènes. Il ne restait que les « fidèles » : c’est de ce fait que cette partie de la messe tient son nom.
L’offertoire commence. Le prêtre offre à Dieu le pain, en le priant d’accepter « cette hostie sans tache » pour ses péchés personnels, pour ceux qui sont présents et pour tous les chrétiens fidèles ; puis le vin, en l’appelant « calice de salut ».

  • Quête

Pendant ce temps, est procédée la quête pour la paroisse ou la chapelle à l'aide de la sébile. La quête est un souvenir de l'ancienne offrande, où les fidèles apportaient non seulement le pain et le vin du sacrifice, mais également toute sorte d'objets qui devaient servir à l'entretien du culte et du clergé, ou bien des pauvres.

  • Orate Frates et Secrète

Dans la grand-messe, lors du rite d’encensement, on encense les offrandes, l’autel, le crucifix, puis le prêtre, les clercs et enfin les fidèles : l’encens traduit en effet l’honneur que l’on doit à Dieu seul, et on reconnaît par là la présence de Dieu spécifique en chacun de ces membres. Après ce rite, vient prendre place le lavabo : en récitant le psaume 25, le prêtre reconnaît son indignité et demande à Dieu la purification. Il prie la Sainte Trinité d’agréer le sacrifice par le Suscipe, sancta Trinitas et demande ensuite la prière de la foule par l'Orate fratres. C’est là que s’insère la prière sur les offrandes ou Secrète.

[modifier] Préface

Le célébrant dialogue avec la chorale ou les acolytes, en indiquant quels doivent être les sentiments du peuple qui entre alors dans la célébration du mystère eucharistique. « Sursum corda » - « habemus ad Dominum » (Haut les cœurs - Nous les tournons vers le Seigneur), « Gratias agamus Domino Deo nostro » - « Vere dignum et justum est » (Rendons grâce au Seigneur notre Dieu - Cela est digne et juste.)

Le prêtre entonne alors la préface qui est un chant de gratitude pour ses bienfaits, surtout ceux qui ont relation avec la fête du jour. Les textes de la préface sont au nombre de quinze pour les différentes périodes du calendrier liturgique. Ils terminent toujours en rappelant et en s’unissant avec les louanges des anges et des saints au ciel : « Saint, saint, saint, le Seigneur, le Dieu tout-puissant » (Is 6,3; Apoc 4,8).

Le premier verset du Sanctus est une citation d’Isaïe « Le ciel et la terre sont remplis de ta gloire » (Is 6,3), le deuxième est tiré de saint Mathieu « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » (Math 21,9). Dans la grand-messe, alors que le prêtre le récite à voix basse et débute en silence le canon, la chorale chante le Sanctus.

[modifier] Canon (la grande prière sacrificielle)

Le prêtre s’incline alors profondément et commence le canon. Cette « règle officielle de la grande prière sacrificielle » [3] est fixée depuis le Vème siècle et n’a évolué que d’un mot en 1962, lorsque Jean XXIII ajouta saint Joseph au Communicantes. Depuis le haut Moyen Âge, cette prière est dite à voix basse (elle doit être labialisée par le prêtre - les rubriques précisent « dicit »).

  • Te igitur

C’est le Père que, profondément incliné, le prêtre supplie d’agréer le sacrifice de son Fils par la grâce de ce même Christ.

  • Te In primis

En premier lieu le prêtre prie pour l’Église et ses gardiens : le pape et les évêques (mais aussi le roi dans les monarchies catholiques).

  • Memento

Le prêtre prie pour tous les assistants à la messe et leurs proches. Mais aussi pour tous les chrétiens unis par la pensée et la prière et qui ne sont pas présents. Le célébrant marque une interruption dans la récitation du canon pour placer les intentions particulières de cette messe.

  • Communicantes

Par les mérites acquis par la Vierge Marie et tous les saints, l’Église demande à Dieu d’accorder secours et protection à tous les chrétiens.

  • Hanc igitur

Le prêtre étend les mains sur les offrandes : au nom de l’Église, le prêtre remet la direction du sacrifice à Dieu qui seul sauve. À cet instant, un acolyte sonne la clochette : les fidèles savent maintenant que le mystère de la transsubstantiation va s’accomplir et le plus grand silence souligne le mystère. Les rubriques précisent que les paroles de consécration sont prononcées secrete, c’est-à-dire d’une manière distincte ou isolée, séparée du reste, faisant ainsi valoir le mystère qu’elles représentent.

  • Quam oblationem

Le prêtre en appelle à la grâce divine pour que le sacrifice s’accomplisse selon Sa volonté.

  • Qui Pridie

S’identifiant au Christ dont il accomplit plusieurs des gestes, le prêtre reproduit la sainte Cène du jeudi-saint et récite les mots par lesquels le pain puis le vin deviennent le Corps et le Sang du Sauveur. Est alors renouvelé sacramentellement de manière non sanglante le sacrifice de la croix. Depuis le Xème siècle, l’élévation permet au peuple de contempler et adorer le corps et le sang sous les espèces du pain et du vin.

  • Unde et memores

Le prêtre continue la récitation silencieuse. Il offre à Dieu les biens parfaits qui sont maintenant sur l’autel.

  • Supra quae

Ces offrandes sont alors comparées aux deux grands sacrifices agréables à Dieu de l’Ancien Testament : celui d’Abel et celui de Melchisédech.

  • Supplices

Le prêtre demande que « le saint Ange de Dieu » porte cette offrande parfaite au ciel, afin que ceux qui participent au sacrifice sur Terre en retirent grâce et bénédiction.

  • Memento

Le prêtre prie alors pour les défunts et marque une interruption pour citer les intentions particulières.

  • Nobis quoque

Ce sont les fidèles présents, pécheurs, qui demandent le bonheur éternel, non pas grâce à leurs mérites si faibles, mais par le pardon octroyé par Dieu.

  • Per quem

Et c’est le Christ qui Dieu crée, sanctifie, fait vivre, bénit et donne ses bienfaits.

  • Per ipsum

Par le Christ, avec le Christ et en le Christ, le peuple chrétien peut rendre à Dieu honneur et gloire.
Amen : en répondant ainsi, la chorale ou les acolytes signifient l’adhésion du peuple chrétien à la grande prière.

[modifier] Saint Sacrifice (Eucharistie)

  • Pater Noster

Le Pater Noster est chanté par le prêtre seul, les fidèles s’unissant à la prière du prêtre en chantant la dernière demande « Sed libera nos a malo » ( mais délivrez nous du mal ). Cette habitude remonte au début du Moyen Âge : en effet le pape Grégoire le Grand affirmait au VIème siècle : « La prière du Seigneur, chez les Grecs, est dite par tout le peuple ; chez nous par le prêtre seul »[4] . Et saint Augustin ajoutait : « Dans l’église, on récite chaque jour à l’autel de Dieu cette oraison dominicale, que les fidèles écoutent »[5]. Le prêtre développe cette dernière demande par la prière Libera nos.

  • Fraction du pain

La fraction de l’hostie réunit deux rites antiques : la fraction du pain est symbole d’unité : un même pain, rompu et distribué ; la commixtion (un morceau d’hostie est mêlé au sang dans le calice) symbolise l’union entre le prêtre et l’évêque, rappel d’un rite ancien où cette parcelle était envoyée par l’évêque à chacun de ses prêtres. Le prêtre prononce alors les mots pax domini sit semper vobiscum : ces paroles sont la formule qu’emploie l’évêque à la place du Dominus Vobiscum.

  • Agnus Dei

La chorale entonne alors l'Agnus Dei que le prêtre récite de son côté. Suit la première prière Domine Jesu Christe demandant la paix pour l’Église.

  • Rite de la paix

Lors de la messe solennelle, le rite de la paix a alors lieu : le célébrant baise l’autel (car la paix vient du Christ), puis donne la paix au diacre. Celui-ci la transmet alors au sous-diacre et au reste du chœur.

  • Communion

Les deux « prières avant la communion » (Domine Jesu Christe et Perceptio Corporis tui), que le prêtre prononce silencieusement, proviennent des formules médiévales de dévotion privées avant la communion, et ont été prescrites par le missel de saint Pie V. La première était déjà recommandée par Alcuin, le liturgiste de Charlemagne ; la deuxième date du Xème siècle.

La communion décrite dans le Missel tridentin se limite à celle du prêtre : répétant les paroles du centurion de Capharnaüm, « Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum, sed tantum dic verbo et sanabitur anima mea » (Math 8, 8) (Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole et mon âme sera guérie), il communie au corps puis au sang du Christ.

Au XVIème siècle, la communion des fidèles était assez exceptionnelle, et faisait l’objet d’un « Ordo Administrandi Sacram Communionem Intra Missam » séparé de l’Ordo Missae, venant en complément à la communion du célébrant. L’organisation de cet Ordo est la suivante : Pendant la préparation, le servant récite le Confiteor au nom des communiants (ceux-ci peuvent se préparer de même à la communion).
Le célébrant se rend côté évangile et se tourne vers l’assemblée (en faisant attention à ne pas tourner le dos au Saint Sacrement) pour dire le Misereatur et l'Indulgentiam. Puis les fidèles récitent à leur tour trois fois l’invocation Domine, non sum dignus.

La nécessité d'une communion fréquente a souvent été réaffirmée par le magistère dès la fin du XIXe siècle, et la pratique s'en est généralisée au fil du XXème siècle.

Pendant le rite de communion et l’action de grâce, la chorale exécute le chant de communion, antienne qui accompagnait le chant d’un psaume dans les premiers temps de l’Église.

Le prêtre proclame ensuite la prière après la communion (ou « postcommunion ») demandant à Dieu que cette rencontre avec son Fils soit réellement profitable.

[modifier] Fin de la messe

  • « Ita Missa est » & Bénédiction finale

Le prêtre renvoie alors l’assemblée par la formule qui a donnée son nom à la messe : Ite, missa est veut dire littéralement « allez, c’est l’envoi ». Puis il bénit l’assemblée. Cette bénédiction était historiquement celle du célébrant se rendant à la sacristie, qui a fini par être incorporée dans le rite de la Messe.

  • Le dernier évangile

Le dernier évangile (supprimé dans le Novus ordo) est fixé relativement récemment, au XVIème siècle : c’est habituellement le prologue de saint Jean qui est lu, même si en certaines occasions, ce peut être un autre évangile (en particulier le Jeudi saint ou le jour de Noël). Il apparaît au cours du XIème siècle lorsque, par piété, les fidèles réclament la lecture d’un autre passage d’Évangile à leur curé. Cette habitude se développe au cours des siècles suivant, et est fixée définitivement par saint Pie V.[6]