Nominalisme

Un article de ERUDITUS.

Le nominalisme est une attitude philosophique admettant qu'aucune substance métaphysique ne se tient derrière les mots : les prétendues essences ne sont rien de plus que des mots ou signes représentant des choses toujours singulières.

Il contredit ainsi le réalisme des Idées de type platonicien et le conceptualisme.

Il apparaît dès l'Antiquité chez les cyniques dans leur critique de Platon ("je vois bien le cheval mais non l'équidité") ; toutefois on devrait en réserver l'appellation à l'école du Moyen-Age (Roscelin, Occam) qui appuie cette élimination des essences superflues pour ne retenir que deux sources de la connaissance : l'expérience et la logique.

"Il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité", énonce Occam (ce principe d'économie de la pensée est nommé "rasoir d'Occam").


[modifier] Traduction politique du nominalisme

Pour un nominaliste, la société est d'abord une création, une volonté qui se fait jour au 17ème siècle et qui prend corps au 18ème siècle. Alors que la philosophie classique affirmait la nature sociale du sujet humain, définissait l'homme comme animal social, le nominalisme, parce qu'il ignore la nature humaine, ne voit dans le fait social que le résultat de volontés concordantes : un regroupement résultant de la volonté humaine qui se transforme en corps politique par un contrat social dans lequel les sociétaires s'engagent de leur plein gré.

On observe la prévalence des individus sur les structures collectives.

L'idée s'impose que la société est l'instrument collectif de l'épanouissement de la liberté individuelle.

On arrive à l'individualisme libéral.